Lire en ligne Deux tableaux de la vie terreneuvienne pdf

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Deux tableaux de la vie terreneuvienne

  • ISBN: B00WALDWAM
  • Author:
  • Langues: Français
  • Évaluation: 4.3/5 (Votes: 2732)
  • Broché: 41 des pages
  • Disponibilité: En stock
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Description du produit

Qui passerait par le Vieux-Bourg à tout autre moment de l’année que le 2 décembre ne prêterait qu’une attention distraite à cette enfilade de masures branlantes, échelonnées le long des routes de Dinan à Dol et de Rennes à Saint-Malo.
Vainement vous chercheriez au-dessus d’elles la flèche d’un clocher, les bras d’un calvaire : ces masures semblent poussées là au hasard. Quelques-unes sont de vraies ruines, et la plupart ne tiennent debout que par miracle. Pourri d’humidité et mêlé aux poussières végétales en suspension dans l’atmosphère, le chaume qui les coiffait a fini par se résoudre en une sorte de tégument verdâtre, suffisamment riche en humus pour nourrir toute une flore de plein vent : glaïeuls, camomilles, renoncules pavoisent les toits, d’avril à septembre. C’est l’unique coquetterie de ces bicoques. Trois ou quatre constructions seulement, aussi surannées que leurs voisines, mais couvertes en ardoises et surélevées d’un étage, témoigneraient que le Vieux-Bourg connut des jours plus prospères. L’une d’elles, où s’enroulent les rinceaux d’un gracieux portail Renaissance, dut servir autrefois d’église paroissiale ; les autres étaient à usage d’école et de mairie ; la plus vaste, au croisement des deux routes, abritait l’Hôtellerie de la Poste. Fameuse du temps des diligences, qui avaient leur relais principal au Vieux-Bourg, cette hôtellerie n’a pas changé de destination ; elle a seulement baissé d’un cran dans la hiérarchie commerciale : l’hôtellerie n’est plus qu’une auberge. Auberges aussi, l’église, la mairie, l’école et toutes les masures qui leur font suite et qui, trop misérables pour se payer le luxe d’une enseigne, se contentent d’accrocher une touffe de gui au-dessus de leurs portes. Et le voyageur qui traverse en temps ordinaire ce hameau singulier, exclusivement composé de cabarets, s’enquerrait volontiers si les débitans, pour se donner l’illusion d’une clientèle, n’ont pas fait la gageure d’aller boire à tour de rôle les uns chez les autres.

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